La mort dans le tunnel de Winterberg à Craonne (mai 1917)

par Rainer Brüning

Depuis l’automne 1914, les champs de bataille occidentaux sont figés. Une guerre de position démoralisante s’installe. Après que l’armée allemande s’est retirée de 40 km jusqu’à la Siegfriedstellung, les troupes britanniques et françaises entreprennent deux grandes offensives au printemps 1917 dans le nord de la France : dans la région d’Arras et dans l’Aisne. Il s’y trouve en effet une longue route de crête, le «Chemin des Dames», au nord-ouest de Reims, vers Soisson et Laon, d’une grande importance stratégique[1]. L’armée allemande y avait construit un réseau défensif en profondeur pour contrer une attaque ennemie. Les tunnels et grottes, où une compagnie entière pouvait se cacher, creusés dans le calcaire, jouent un rôle primordial. L’offensive Nivelle, qui début le 16 avril 1917 avec la «bataille du Chemin des Dames» ou «la seconde bataille de l’Aisne», est stoppée après une semaine, puis une nouvelle fois par les Français après une seconde tentative d’attaque les 4 et 5 mai 1917 causant de lourdes pertes. Le nombre de morts, blessés et prisonniers se monte des deux côtés cumulés à environ 350 000 hommes. Même l’intervention des 132 chars français envoyés en soutien de l’infanterie n’a pas pu mener à la victoire. Le commandant en chef Robert Nivelle est remplacé par Philippe Pétain. Les mutineries se multiplient dans l’armée française. Craonne, située dans la zone principale de l’attaque et reliée par le nord à ce que les Allemands ont appelé le «Winterberg»[2] (en français, le plateau de Californie), est particulièrement disputée et subi tant de destructions qu’elle dut être reconstruite à un autre endroit[3]. Le terrain a été tant ravagé par le feu de l’artillerie qu’il est laborieux de reconnaître l’endroit et de s’y orienter. Aujourd’hui encore, il appartient à la dangereuse «zone rouge» du champ de bataille. La «Chanson de Craonne» est un chant pacifiste toujours très connu en France, tout comme le roman autobiographique de Gabriel Chevallier paru en 1930, «La Peur». Un musée, devenu «Lieu de Mémoire», installé à l’entrée de la tristement célèbre Caverne du Dragon («Drachenhöhle»), à l’ouest de la ferme Hurtebise, apporte à ses nombreux visiteurs des éclairages sur les événements qui ont eu lieu il y a 100 ans[4].

Le grand public fut informé en 2020 que quelques «historiens locaux», ou «pilleurs de tombes» réussirent à trouver l’entrée effondrée du tunnel de Winterberg où a eu lieu le 4 mai 1917 une grande tragédie. Reste la question de savoir comment cette découverte doit être traitée: les restes des soldats doivent-ils être exhumés et enterrés de façon appropriée, ou doit-on condamner le tunnel et le considérer comme leur dernière demeure selon le principe du respect des morts[5]? Peut-on mener une fouille scientifique, avec tous les outils traditionnels de l’archéologie des champs de bataille pour alimenter notre connaissance du premier conflit mondial et pour la transmettre aux générations futures[6]? Ne serait-il pas souhaitable qu’un monument digne y soit érigé, voire un musée[7]?

Les dossiers du 111e régiment d’infanterie de réserve badois, dont les soldats ont perdu la vie dans des conditions effroyables, sont conservés au Generallandesarchiv à Karlsruhe. Nous tenterons de reconstituer la chronologie de l’événement[8]: les compte-rendus de bataille du régiment concernant les combats à Winterberg à Craonne entre le 21 avril et le 6 mai 1917, ainsi que les journaux de guerre de l’état-major du 3e bataillon et des 10e, 11e et 12e compagnies, constituent la source principale. Le rapport du chef du régiment Karl Wilhelm Schüler[9] et les déclarations de ses supérieurs montrent d’une grande tension régnait après l’avancée réussie des Français dans les positions allemandes. Ces informations doivent complétées par l’histoire du régiment parue en 1937 pendant le Troisième Reich, qui se divise en deux parties[10]: une description « objective » faite à partir des archives, et un récit «subjectif» par les officiers et les soldats eux-mêmes. Les deux auteurs, le capitaine Eduard Bachelin[11] et le sous-lieutenant Wilhelm Geiger[12] ont participé aux combats de Winterberg en avril et mai 1917. L’un en tant que chef du 1er bataillon, l’autre en tant qu’adjudant. Leur description des combats est fidèle aux rapports et aux journaux de guerre utilisés comme sources, mais ne peut pour autant pas faire l’impasse sur une certaine apologie des faits, dans le but de redorer le blason du régiment. En commémorant, on ressent le besoin de donner un sens lourd à l’horreur de la guerre afin de mettre sur le même plan la notion de «sacrifice» et celle de «devoir» du combattant. Le rapport final du chef de régiment Schüler[13] est completé par les récits des trois sous-lieutenants Wilhelm Geiger, Hermann Geiger[14] et Friedrich Farrenkopf[15], des deux sergents Ludwig Brinks[16], et Henn[17] ainsi que du soldat Johann Scheidecker[18] au sujet des combats à Winterberg. Le sous-lieutenant Farrenkopf était avec l’état-major du 3e bataillon et le caporal Brinks se trouvait non loin de l’entrée du tunnel au moment de l’impact, et les deux purent sauver leur vie de justesse; Farrenkopf essaya immédiatement, mais en vain, de déterrer les soldats ensevelis. Les souvenirs du simple soldat Karl Leopold Feßer[19], qui se trouvaient lui-même parmi les hommes piégés dans le tunnel de Winterberg, constituent une source précieuse pour compléter l’histoire du régiment.

Les parallèles faits après coup par Hermann Geiger entre la cruelle beauté du feu d’artillerie et les énormes feux d’artifice tirés lors du dernier congrès du parti [nazi] au Luitpoldhain[20] à Nuremberg, qui pourtant ne devaient pas être à la mesure du spectacle à Winterberg, sont significatifs. - Mais il ne faut pas oublier que le langage technico-militaire des documents n’est pas tout à fait innocent dans la manière de présenter les choses : d’un côté, il sert à organiser la guerre, et d’un autre à transformer l’enfer des batailles en quelque chose d’ordonné, de logique et de supportable.

Le témoignage direct du soldat August Berthold Kreiner, originaire de Jöhlingen, lui aussi enseveli dans le tunnel, qui n’était pas encore connu des chercheurs, a été très généreusement mis à la disposition du Generallandesarchiv à Karlsruhe par son petit-fils, à l’automne 2021.[21]

Le 111e régiment d’infanterie de réserve, positionné au début de la guerre dans la région de Constance, Donaueschingen et Stockach, a principalement combattu sur les théâtres de guerre du nord de la France, en particulier en Artois, dans la Somme, en Champagne et à Verdun. Jusqu’en janvier 1917, il est dirigé par son premier chef de régiment, le colonel Franz Ernst Ley, originaire de Bodman[22]. Au printemps 1917, le régiment est intégré à la 56e brigade d’infanterie de réserve et de la 28e division de réserve du Groupe de Sissonne, au sein de la 7e armée. Le 21 avril 1917, il rejoint une position près de Craonne, jusque là tenue par le 4e régiment d’infanterie de réserve bavarois. Le 1er bataillon prend le tronçon est de la ligne de front, longue de presque 1 200 m, et le 2e bataillon prend le tronçon ouest. Derrière au centre, on trouve le 3e bataillon. L’état-major du régiment, et son chef nommé quelques jours auparavant, le 1er mai, Karl Wilhelm Schüler, l’état-major du 3e bataillon, une partie des 10e, 11e et 12e compagnies, ainsi que quelques équipes de mitrailleuses cherchent à s’abriter dans le tunnel de Winterberg, au nord de la zone, qui s’enfonce jusqu’à 20 m sous terre et 250 m dans la colline, et qui n’est pas encore terminé. Il était considéré par les soldats comme un piège et servait surtout de lieu de repos pour les troupes de réserves qui devaient être en première ligne pour l’attaque ennemie attendue. A l’ouest du régiment, se trouve le 2e régiment des grenadiers de la Garde «Kaiser Franz», à l’est, le 109e régiment d’infanterie de réserve. Le système de défense, échelonné en trois tranchées (La première ligne, Wanka- ou Wald-Linie, Winterberg-Linie), avait été nivelé par les bombardements ennemis, tant et si bien que les soldats devaient tenir dans plusieurs galeries. Le régiment signale avec inquiétude des mouvements suspects sur sa droite, le contact étant là rompu avec l’unité de la Garde. Les escarmouches avec les patrouilles ennemies sont à l’ordre du jour, on essaye de renforcer les positions, le feu d’artillerie s’accroît, une attaque semble se profiler. La 10e armée française fait face aux Allemands, et sa 36e division se dirige droit sur Craonne et le Winterberg.

Le 2 mai, le feu d’artillerie ennemi enfle terriblement. On observe des frappes d’artillerie lourde (24-28 cm), qui atteignent les lignes arrières sur le versant nord du Winterberg et le plateau, et causent des dégâts importants. Déjà le 3 mai, le chef de régiment Schüler doit déplorer la perte d’un officier et de 50 soldats, dont beaucoup sont ensevelis dans les tranchées et les abris. A l’entrée du tunnel, le sous-lieutenant Karl August Zwiffelhoffer[23] et le sous-officier Jakob Knöpfle[24] sont mortellement touchés. Les réseaux de communications sont en partie coupés, l’observatoire d’artillerie tombe, les mitrailleuses sont détruites et les premières lignes sont prises sous un bombardement.

Le pilonnage exercé par les Français, notamment avec des gros calibres (37 cm) est dirigé précisément par les avions sur l’entrée nord du tunnel de Winterberg, dans lequel règnent déjà une chaleur atroce et un manque cruel d’oxygène, les conduits de ventilation ayant été détruits. Les hommes se sont largement dévêtus et sont apathiques. Le 4 mai à 11h45, un coup de maître fait exploser un stock de munitions entreposé à l’entrée. Le chef de régiment Schüler, qui s’est tout de suite précipité au centre de la galerie, ordonne l’évacuation par les deux sorties de secours latérales. Dans la fumée, le gaz et la panique, seuls environ 30 hommes et les deux états-majors parviennent à fuir et doivent encore échapper à la pluie de projectiles à l’extérieur. Le chef du régiment se rue à l’arrière vers l’état-major du 1er bataillon pour réorganiser ses troupes et demander du renfort. Cependant, la grande majorité des soldats n’a pas pu exécuter son ordre, voire en a été empêchée par la mauvaise décision du sous-lieutenant Lessing (228e compagnie de lance-mines) qui a voulu protéger l’arrière de la galerie de la progression des gaz en installant une barricade de sacs de sable, et sont restés à l’intérieur du tunnel. Selon une première estimation, environ 80 hommes peuvent être sauvés par les pionniers et les brancardiers à la faveur de la nuit tombée. Les autres succombent à une horrible mort par asphyxie, par la soif ou se suicident de désespoir.

Le menuisier August Berthold Kreiner, né le 16 décembre 1877 à Jöhlingen, appartenant à la 11e compagnie, a été enseveli pour la 2e fois de sa vie de militaire au tunnel de Winterberg, mais a pu en sortir 2 jours plus tard avec quatre autres hommes. Il décrit avec émotion son expérience dans une lettre adressée à sa femme envoyée le 11 mai 1917 depuis l’hôpital militaire de Trélon[25] : [… ]

mais après trois jours, on a été amenés ici et on a rejoint la compagnie dans une grande galerie, où tout un bataillon pouvait tenir. Beaucoup de camarades y reposent maintenant, morts. Pour vous représenter la galerie, imaginez un passage dans la montagne. De haut en bas, au plafond, des poutres et des planches. Pas droit, un peu courbé vers l’intérieur de la colline. D’un côté, le passage pour marcher, de l’autre côté les lits, trois l’un sur l’autre. A à peu près 50 m de l’avant, à droite et à gauche, des sorties de secours. Dans la galerie, il y avait une zone froide, une zone tempérée et une zone chaude. Dès qu’on arrivait au milieu, on ressentait la chaleur. Il était impossible d’y rester sans enlever son veston, la plupart des hommes avaient même retiré leur chemise. Notre compagnie est arrivée dans cet endroit et il y a avait cet air qui donnait envie de vomir. Une mèche de bougie ne pouvait pas brûler. Il y avait quelques lampes à carbure et on devait les allumer à l’avant, là où l’atmosphère était différente, parce même les allumettes ne s’enflammaient pas. C’était lamentable, plutôt être dans une porcherie que là. […] Le 4e matin à 2h, on a été à nouveau relevés. Retournés dans notre trou. Le soir, la 11e compagnie devait à nouveau aller en avant, mais on n’a pas pu obéir. Les Français avaient détruit l’entrée et on ne pouvait plus sortir. Il y avait bien 400 hommes là-dedans. A l’intérieur, à l’entrée, il y avait un tas de munitions qui a commencé à prendre feu. Les fusées éclairantes contenaient du gaz assez empoisonné. On a tout de suite construit trois barricades pour que les gaz ne puissent pas pénétrer plus loin dans la galerie. La dernière barricade a dû être montée derrière les sorties de secours. Et là, on s’est retrouvés entre la vie et la mort. J’ajoute qu’on a dû mettre nos vestons, nos manteaux et nos tentes sur la barricade. On croyait qu’on serait sauvés par ceux de l’extérieur. Mais non. Apparemment la puissance du feu les en empêchait. Imagine-toi, tant de monde sans air de l’extérieur. Il y avait bien un puits d’aération mais il avait été détruit aussi, on a essayé de le déboucher, mais en vain. Un sergent qui y travaillait en est tombé et est mort de ses blessures le soir-même. Il était 10h du soir, et les plaintes ont commencé. On n’avait presque plus de carbure non plus. Bientôt sans éclairage. Un d’entre nous a demandé un crayon pour écrire encore une fois à son enfant, on lui a déconseillé. D’autres réclamaient de l’eau, du café, je ne pouvais plus le supporter. Un sergent était là aussi, il encourageait les hommes, disait qu’ils ne devaient pas désespérer. C’est au pire moment que l’aide de Dieu est la plus proche. Il était catholique et a commencé à réciter trois Notre Père. D’autres se sont tout de suite joints à lui. Je souffrais tellement et je pensais tellement à vous que je ne pouvais pas parler. J’ai braillé comme un enfant. Mais je n’ai jamais perdu espoir. Mais je dois aussi [ligne illisible] faire mes besoins et je suis allé vers l’arrière, là où la galerie s’interrompait, et ce fut ma chance. Je sentais à cet endroit un peu plus d’air. Je ne suis plus retourné à l’avant, je me suis couché, un sac de sable comme oreiller et j’ai attendu qu’on vienne. On en entendait déjà haleter et étouffer, d’autres criaient qu’on les tue, qu’on laisse passer le gaz, etc. Ma chère Mélanie, vous savez bien ce qu’est la guerre, mais ce que la guerre raconte sur la vie et la mort, vous n’en avez aucune idée. Je me suis endormi, mais quand, je ne sais pas. Beaucoup se sont suicidés de désespoir. Quand je me suis réveillé, j’avais très soif, on entendait encore des cris « Apportez de l’eau, du café, est-ce que tu as des allumettes, est-ce que tu as une lampe de poche ». Où aller ? Il faisait partout noir comme dans un four. Je ne savais pas si j’étais loin devant ou loin derrière. J’ai mis du temps à reprendre mes esprits. Je me disais que si je voulais aller vers l’avant, je devais avoir les lits à ma droite, à ma gauche sur le mur étaient accrochés nos affaires, les sacs de pain, les gourdes, la vaisselle, etc. Je cherchais à attraper quelque chose à boire et j’ai rampé au-dessus des hommes, mais je ne me rendais pas encore bien compte qu’ils étaient morts. Un moment, on était quatre, où on était, je ne peux pas le dire, non cinq. Il y avait deux lance-mines, deux sergents et moi. Les lance-mines avaient travaillé sur un conduit d’aération. On avait de l’eau, du café et une bouteille de vin. L’air est aussi devenu meilleur, tant qu’on s’est dit qu’on pouvait supporter. Mais on ne pouvait pas rester là et on a avancé. Enfin, on a vu de la lumière. C’était la lueur d’une bougie. Si une flamme peut brûler, c’est que l’air doit entrer quelque part, on s’est dit. Avec cette petite lumière, on a continué et on a trouvé la sortie. A l’avant, les morts étaient couchés les uns sur les autres comme s’ils voulaient se pousser les uns les autres vers l’extérieur. Quand on a été dehors, on nous a dit que le 111e régiment avait disparu et ils nous ont simplement faits nous asseoir. On a aussi appris avec étonnement qu’on était dimanche [le 6 mai] et qu’on avait dormi toute la journée du samedi. Je suis retourné deux fois dans le tunnel pour chercher mes affaires mais je ne les ai pas retrouvées et à chaque fois j’ai sorti des hommes. Il y en avait toujours encore à l’intérieur qui étaient vivants mais la troisième fois je n’ai plus osé parce que l’air était vraiment mauvais à l’intérieur. Un lance-mine est encore retourné vers l’arrière et a sauvé les derniers. Ma chère Mélanie, est-ce que je ne peux pas parler de chance ? Oui, et les Français avaient attaqué le samedi, pris nos tranchées et étaient déjà passés au-dessus de la colline, là on aurait été perdu à coup sûr. La position est revenue entre nos mains mais au prix de beaucoup de pertes des deux côtés. Les combats sur le Winterberg durent déjà depuis le vendredi saint, ce que ça a déjà coûté comme vies.

Quelques hommes, principalement de la 11e compagnie, sont extraits de la galerie effondrée dans les jours qui suivent: les sous-officiers Henz Hering[26] et Friedrich Stein[27], le soldat Adolf Riedmüller[28], entre autres, ainsi que Karl Leopold Feßer, déjà mentionné plus haut, ouvrier dans l’industrie du tabac né le 4 avril 1894 à Ringsheim près d’Ettenheim, qui fut sorti des décombres vivant après six jours. Ses souvenirs, mis par écrit pour l’histoire du régiment parue en 1937, transmettent toute l’horreur de l’événement[29]:

[…] Une grenade lourde est tombée juste sur la réserve de munitions qui étaient empilées à l’entrée. D’autres détonations ont propulsé ce nuage de gaz vers nous, le puits d’aération a favorisé son entrée, l’air allant vers l’arrière. On a vite reculé mais on n’a pas réussi à construire une barricade devant le puits d’aération, parce que la fumée et le nuage de poison avançaient. Avec toutes nos forces et le plus rapidement possible, on a construit une deuxième barricade derrière le puits d’aération en croyant que le gaz s’évacuerait par le puits, et qu’on pourrait attendre là les secours, mais on entendait au-dessus de nous les tirs, et comme on l’a constaté plus tard, le puits était détruit. On était coupés du monde, et l’endroit où on se trouvait était encore pire parce que c’était plus haut que l’entrée du tunnel et remplit d’un air vicié. On a attendu là avec l’espoir que nos camarades viendraient bientôt nous aider; mais le temps passait et il commençait à être difficile de respirer. Donc on a décidé de creuser un puits d’aération vers le haut, il y avait des pionniers parmi nous et ils s’y connaissaient. Quelques camarades se sont rassemblés, deux pionniers sur leurs épaules pour creuser vers le haut mais la difficulté à respirer a eu raison du courage et de la bravoure et tous nos espoirs ont été réduits à néant. On a constaté que l’oxygène était consommé, les lumières s’éteignaient, les allumettes scintillaient. La chaleur était insupportable, la soif se faisait ressentir. On n’avait qu’une bouteille d’oxygène, on l’a accrochée au mur et on l’a laissée se vider. Vivre devenait de plus en plus insupportable. Il faisait noir. On n’avait que des lampes de poches qu’il fallait économiser. Plusieurs camarades se tenaient près des barricades et écoutaient pour savoir si de l’aide n’arrivait pas, mais ils se trompaient et tous les espoirs se brisaient. Si nous avions eu de l’eau et de l’air! Mais l’eau se trouvait sous le gaz et le nuage de fumée, et on ne pouvait pas attraper les rations de survie. L’agitation du corps et de l’esprit cessait et beaucoup étaient couchés par terre, torturés par la soif et la chaleur monstrueuse, et on subissait l’effondrement sans pouvoir rien faire. La dépression de mes camarades était effrayante, effrayante était l’obscurité, pleine de prières et supplications. J’entendais un groupe à côté de moi qui récitait le rosaire. Une lampe de poche brilla et j’étais sûr d’avoir reconnu le sergent [August] Maier[30] de l’état-major du bataillon, et le soldat de première classe Staible, cycliste au bataillon. Je n’oublierai jamais les au revoir de tous mes camarades! L’un appelait sa femme et ses enfants, un autre disait au revoir à ses parents et frères et sœurs, et le même élan me traversa et je dis au revoir en moi-même à tous ceux que j’aimais. Une carte vous informera de mon absence avec l’indication «disparu»! Le combat contre la mort fut long et terrible, ma langue collait à mon palais, comme si la folie m’étranglait violemment. Tout criait soif, la plupart des hommes s’étaient dévêtus dans cet enfer pour trouver un peu de soulagement – mais en vain. La mort riait en faisant sa récolte, la mort montait la garde à la barricade pour qu’aucun n’en réchappe. Combien de temps a-t-on été enfermés, je n’en sais rien. Trois ou quatre jours? J’étais assis sur le bord d’un grabat, adossé à un poteau, les coups de fusil résonnaient sourdement dans cette obscurité de tranchée. - Les uns suppliaient d’être sauvés, les autres pour de l’eau, c’était le lieu des au revoir et de la mort. A côté de moi, un camarade était allongé sur le sol, il criait d’une voix cassée qu’on lui charge un pistolet. Moi aussi j’y ai vu le salut, je l’interpellai et tâtonnait vers lui. Il me donna un pistolet 08, je tirai avec mes dernières forces la culasse du pistolet et lui rendit à sa demande. Après un court instant – le temps peut-être de dire au revoir aux siens - et un «bang» parcouru la galerie – et un râle sorti de sa bouche – il s’était éteint. D’autres suppliaient pour de l’eau, de l’eau, et le salut. Je voulus aussi choisir le chemin le plus court pour en finir, avec la main gauche je sentis les battements de mon coeur et pensai: bientôt tu seras aussi en paix; je cherchai l’arme que je trouvai aussi – mon camarade décédé gisait près de moi – lentement je réussis à m’installer sur le grabat, un rapide au revoir aux miens et je calai l’arme contre mon coeur, le canon était froid, et je levai le pistolet plus haut et?? - Quand je reviens à moi, j’étais couché sur le sol – j’ai dû m’évanouir avant le dernier geste. Juste de l’eau, de l’eau! Dans le combat contre la mort, je me roulai par terre et cognai contre une gourde vide qui émit comme un éclat de rire – et je la portai à ma bouche. En entendant le tintement de la gourde, d’autres camarades demandèrent de l’eau, c’était la folie qui se jouait de nous. Ma gorge me faisait mal et mon corps aussi. Juste de l’eau, de l’eau! Près de perdre l’esprit, j’essayai de me mettre sur les genoux, ce que je réussi, je creusai ma main en forme de bol et je bus mon urine d’un trait, avidement. Je faiblis à nouveau. Quand je repris conscience, je bus encore une fois mon urine. Je rampai et butai contre un petit monticule – ce devait être du sable qui avait ruisselé d’une fissure. Là, je pus fournir à mon corps un peu de fraîcheur. Je trouvai une lampe de poche, j’essayai de la faire brûler, ce que je réussis avec mes dernières forces. J’étais couché sur le côté, la lumière me fit mal aux yeux, mais ce que je pus voir n’était qu’horreur. Mes camarades morts gisaient là, nus, et les mains convulsivement tendues! Je ne voulais plus rien voir et je laissai tomber la lampe. L’obscurité m’entoura à nouveau, combien de temps je restai couché là, je ne sais pas. J’étais toujours couché sur le petit monticule et je doutais de mes oreilles – est-ce la mort qui me jouait encore un tour? J’entendis le mot «De l’aide!» sans savoir si ça venait de devant ou de derrière, l'obscurité m'entourait, et encore une fois «De l’aide!» un peu plus près. Je roulai sur moi-même et relevai un peu la tête mais j’eus comme des éclairs dans les yeux et je dus les refermer. Était-ce de la lumière? Est-ce que l’aide arrivait? Je réunis mes dernières forces pour crier et je les entendis : « Doucement, camarade, on arrive!». Ils se penchèrent sur moi et me donnèrent de l’eau, de l’eau. Je ne comprenais pas, étais-je sauvé? Mes sauveurs ont dû m’abandonner une nouvelle fois. Ils revinrent avec une toile et me soulevèrent. De l’air frais m’enveloppa et je reçus à nouveau de l’eau, de l’eau! Puis les sauveteurs dirent: «Aujourd’hui, ça fait six jours que l’effondrement a eu lieu!». Deux autres camarades ont pu être sauvés en même temps que moi. Je ne les connaissais pas. Je crus aussi que les sauveteurs avaient des chiens; je ne pouvais pas voir parce que mes yeux étaient faibles. Je me réjouissais d’échapper à ce lieu de l’horreur, où la mort avait fait sa récolte.

 

Le chef du régiment Schüler dut se justifier par un rapport à la 56e brigade d’infanterie de réserve de cette incursion ennemie dans ses positions et de la perte de Craonne: le régiment n’avait cessé de signaler la fragilité de son aile droite. Les conditions du terrain très défavorables à Winterberg avec ses pentes raides et les sols sablonneux n’auraient permis aucune organisation des troupes ni d’installation d’abris blindés de mitrailleuses. Le feu d’artillerie ennemi aurait été sans comparaison et à cause des pertes des troupes de réserves dans le tunnel de Winterberg, le régiment n’aurait pas réussi à tenir les lignes face à l’attaque de l’infanterie française. Les renforts demandés par la brigade pour une contre-attaque n’auraient pas été suffisants. En fait, Schüler a signalé l’effondrement du tunnel à la brigade dès le 4 mai à 12h30 et indiqué que les équipes ensevelies ne pouvaient plus en grande partie être sauvées. La situation des premières lignes aurait été peu claire et l’aide du régiment d’infanterie de réserve badois aurait été instamment demandée. La brigade insista dans ses déclarations sur le fait qu’elle fut d’abord informée par le 109e régiment d’infanterie de réserve par téléphone d’un incendie dans le tunnel de Winterberg le 4 mai vers 12h, puis vers 13h par le chef de régiment Schüler. Celui-ci a en effet demandé du renfort mais il aurait semblé que le régiment pouvait encore tenir les positions avec ses propres effectifs. La brigade n’aurait été pas informée de la perte complète des troupes de réserves dans le tunnel de Winterberg. C’est seulement après le début de l’attaque par l’infanterie française à 20h30 qu’on a à nouveau demandé du renfort. La coupure des communications et le feu ennemi auraient cependant empêché toute contre-action. Le rapport final du général de division, Alfred Ziethen, en tant que chef de corps de la 28e division de réserve, adressé le 12 mai 1917 au général du Groupe de Sissone, le Comte Eberhard von Schmettow, atteste que sa conduite du combat a dû tenir compte des conditions difficiles et que ses décisions étaient les bonnes, leur exécution échouant toutefois à cause de cette fâcheuse situation. Il n’aurait pris conscience de la perte complète de ses troupes de réserves dans le tunnel de Winterberg qu’au cours de la bataille et il n’aurait pas pu en informer à temps la brigade du fait des communications difficiles.

La tempête française sur Craonne, d’abord victorieuse, est cantonnée sur les bords de Winterberg du fait des contre-attaques allemandes. Le 111e régiment d’infanterie de réserve subit de lourdes pertes et est éloigné des zones de combats pour être déplacé vers Saint-Erme et Sissone le 6 mai. En trois jours, les forces de combat s’effondrent de 55 officiers et 2 333 hommes à 34 officiers et 1 456 hommes. Rien que dans le tunnel de Winterberg, ce sont 100 à 150 hommes qui perdent la vie. Le 10 mai 1917, le sous-lieutenant Theodor Conrath informe le précédent commandant du 111e RIR, le colonel Franz Ernst Ley, de la catastrophe à Winterberg près de Craonne Lui-même a échappé de peu à la mort: «Entre 2 et 4 le soir feu d’artillerie sans comparaison (37 cm), incendie dans le tunnel. Sorti à travers le feu d’enfer, mais seulement avec une partie, le reste asphyxié, 7, 8 et 1/111 avec Rinter et Dusbach. Les accès effondrés… Paris! Ce qu’il y avait à Winterberg, mort ou sous les décombres. Colline reprise par 9/IR. Pertes effroyables».[31] Du côté français aussi on déplorait beaucoup de morts: les 18e et 34e régiments d’infanterie français, qui avaient mené l’attaque, comptaient presque 2000 morts, blessés et disparus[32]. La galerie effondrée et les soldats qui y reposent ne font pas l’objet de recherches dans les jours qui suivent, et sa localisation précise se perd dans l’oubli, alors que le front poursuit son chemin et passe par-dessus.

 

Mais les hommes eux-mêmes n’ont pas été oubliés. Des années durant, leurs familles mènent des recherches, en vain, et finalement, leurs actes de décès sont dressés et leurs successions réglées: c’est le cas par exemple pour le journalier Karl Anker, né le 15 septembre 1884 à Forchheim, qui servait dans la 12e compagnie du 111e régiment d’infanterie de réserve et qui avait été envoyé au tunnel de Winterberg[33]. Christine, sa mère, veuve, le déclare mort le 2 octobre 1919 au tribunal d’Ettlingen. Elle présente une lettre écrite depuis les tranchées à Craonne, le 28 avril 1917, son dernier signe de vie, dans laquelle il lui demande de lui envoyer des vivres et évoque la possibilité d’une permission. La femme d’Emil Burger (10e compagnie), né le 15 mai 1887 à Unterprechtal, ouvrier dans une scierie, reçut une dernière lettre de lui datée du 1er mai 1917[34]: il se réjouit certes qu’elle lui ait envoyé une photo de leur jeune fils Fridolin, mais il lui reproche lourdement de lui écrire si peu. Bien qu’ils ne soient pas témoins directs des événements, les deux camarades de régiment (3e compagnie) Josef Schwarz[35] et Constantin Heinzelmann[36], rapportent au tribunal de Gengenbach, au sujet de la catastrophe du tunnel de Winterberg et de la découverte du sac d’Emil Burger, que les quelques survivants étaient «noir charbon» à cause des gaz empoisonnés des munitions. Seul le livret militaire de Johann Hertel (12e compagnie), né le 27 août 1897 à Wilhelmsfeld, a trouvé le chemin du retour [37]. La dernière mention date du 27 mars 1917, à l’occasion de sa vaccination contre le typhus. La Croix Rouge Internationale et le Zentralnachweiseamt à Berlin l’ont vainement recherché. La succession de Hermann Kempf (9e compagnie), agriculteur né le 11 mars 1876 à Wolterdingen, disparu à Winterberg est péniblement enfin liquidée en 1923 et ses biens transmis à son épouse Magdalena et leurs enfants Maria Agathe, August Wilhelm et Paula[38].

Le Hohenzollerischen Gedenkbuch für die Gefallenen des Ersten Weltkriegs paru en 1927 en mémoire des victimes de la Première Guerre mondiale[39] contient aussi des photographies de Johann Baier[40] (12e compagnie), Ernst Henle (10e compagnie)[41], Josef Riester (11e compagnie)[42] et Johann Qualbert (Albert) Wetzel (12e compagnie)[43]. La même année, le 28 août, un monument très sobre est érigé dans un parc de la ville de Stockach à la mémoire du 111e régiment d’infanterie de réserve[44]. En 1934, un autre mémorial, répondant aux critères esthétiques nazis, est réalisé devant l’église St Oswald par le sculpteur Erwin Krumm (Elzbach, 1898-1980)[45]. On trouve enfin une courte mention des victimes du Tunnel de Winterberg dans le volume 12 du récit officiel de la Première Guerre mondiale[46], commandé par le Haut commandement militaire : il paraît l’année où l’Allemagne déclenche la Seconde Guerre mondiale.

Notes

[1] Voir Nicolas Offenstadt (Dir.): Le Chemin des Dames. De l'événement à la mémoire, Paris 2012.

[2] Le nom «Winterberg» est apparu pour la première fois au printemps 1917 et a probablement été donné par des soldats qui se sentaient attirés par leur lieu d'origine dans le Sauerland (voir Gustav Goes : Chemin des Dames, Hamburg 1938, ND Wolfenbüttel 2015, p. 90) ; mais il s'agit peut-être aussi d’une évocation de la victoire prussienne contre les Français dans la bataille de Spicheren le 6 août 1870, en mémoire de laquelle a été érigé à Sarrebruck dès 1874 le très connu «Winterbergdenkmal».

[3] Voir Thierry Hardier (Dir.): Craonne. 100 ans de batailles inachevées (1914-2018). CRID 14-18/LA CAGNA Edhisto [2018], p. 109-113.

[4] Voir Lieu de mémoire «Chemin des Dames»: https://www.chemindesdames.fr

[5] Voir les comptes-rendus dans: Frieden. Zeitschrift des Volksbundes Deutsche Kriegsgräberfürsorge 1 (2021), pp. 24 et 2 (2021), p. 24 et suiv. Voir aussi le destin de quelques 600 soldats, appartenant principalement au 476e régiment d’infanterie wurtembergeois enseveli le 20 mai 1917 dans le tunnel du Cornillet, à l’est de Reims, et dont les corps ont été retrouvés entre 1974 et 1984.

[6] Voir aussi les fouilles archéologiques menées en 2011 sur le site du Kilianstollen à Carspach en Alsace : https://archeologie.culture.fr/archeologie1418/de/tunnel-von-carspach et l’exposition qui s’est tenue au musée archéologique de Strasbourg, réalisée par Bernadette Schnitzler et Michaël Landolt (Dir.): A L’EST, DU NOUVEAU! Archéologie de la Grande Guerre en Alsace et en Lorraine. Sous la direction de, Strasbourg 2013; ainsi que Michaël Landolt: Der Kilianstollen. Eine deutsche Stollenanlage aus dem Ersten Weltkrieg bei Carspach (Elsass, F), in: Mitteilungen der Deutschen Gesellschaft für Archäologie des Mittelalters und der Neuzeit 28 (2015), p. 135-146. Sur le thème archéologie des champs de bataille, voir: Joachim Krüger u.a. (Hg.): Tollensetal 1300 v. Chr. Das älteste Schlachtfeld Europas, Darmstadt 2020.

[7] Voir par exemple l’Historial franco-allemand du Hartmannswillerkopf en Alsace, inauguré en 2017: https://www.memorial-hwk.eu/de

[8] Sur la représentation des opérations militaires, voir en particulier GLAK 456 F 1/249 et 256; GLAK 456 F 16/283 et 305; GLAK F 29/10; GLAK 456 F 55/147, 148, 159, 160, 162, 287 et 336.

[9] Voir les registres matricules GLAK 456 D/228, Nr. 293 et 456 D/229, Nr. 5. Une photographie de lui est disponible dans l’histoire du régiment, p. 148 (voir note 10).

[10] Eduard Bachelin et Wilhelm Geiger: Das Reserve-Infanterie-Regiment Nr. 111 im Weltkrieg 1914 bis 1918, Karlsruhe [1937], en particulier p. 144-158 et p. 320-335.

[11] Voir le dossier individuel GLAK 456 E/302 et le registre matricule 456 D/228, Nr. 283.

[12] Voir le dossier individuel GLAK 456 E/3460 et le registre matricule 456 D/228, Nr. 134.

[13] Le texte du chef de régiment Schüler (p.320-323) est disponible en version imprimée dans Wilhelm Müller-Loebnitz (Bearb.): Die Badener im Weltkrieg 1914-1918, Karlsruhe 1935, p. 276-279; ainsi que dans le Fest-Schrift zum Regimentstag des Res.-Inf.-Regiments 111 in Stockach am 27. und 28. August 1927 (Wehrgeschichtliches Museum Rastatt, WGM Inv. Nr. 024590).

[14] Voir le dossier individuel GLAK 456 E/3453 et le registre matricule 456 D/227, Nr. 391.

[15] Voir le dossier individuel GLAK 456 E/2779 et le registre matricule 456 C/2661, Nr. 1029.

[16] Voir le registre matricule GLAK 456 C/2663, Nr. 71.

[17] Il s’agit peut-être du caporal Emil Heim, voir le registre matricule GLAK 456 C/2638, Nr. 18.

[18] Voir le registre matricule GLAK 456 C/2638, Nr. 202.

[19] Voir le registre matricule GLAK 456 C/2659, Nr. 464 (dans l’histoire du régiment, son nom est mal orthographié en «Fißer»).

[20] Reserve-Infanterie-Regiment 111 (cf note 9), p. 324.

[21] Propriété de M. Klaus Hillenbrand à Friedrichshafen; voir aussi registre matricule GLAK 456 C/2659, Nr. 1118.

[22] Voir dossier individuel GLAK 456 E/7204 et le registre matricule GLAK 456 D/228, Nr. 1; Ley termine sa carrière en 1918-1919 en tant que général de division et décède en 1944. Ses riches archives, contenant beaucoup d'informations sur l'histoire du régiment, se trouvent au Wehrgeschichtlichen Museum à Rastatt.

[23] Voir le dossier individuel GLAK 456 E/14856 et le registre matricule GLAK 456 D/228, Nr. 66. Son journal de guerre, tenu jusqu’au 16 avril 1917 se trouve au Wehrgeschichtlichen Museum à Rastatt (WGM Inv. Nr. 022206); voir aussi Kurt Siegfried Kölbig und Hans-Karl Kuhn (Hg.): Gedanken an der Westfront 1914-1917. Das Tagebuch des Leutnants der Reserve Karl August Zwiffelhoffer (Sonderdruck der Schweizerischen Gesellschaft für Historische Waffen- und Rüstungskunde), Gland 2003.

[24] Voir registre matricule GLAK 456 C/2657, Nr. 15.

[25] Voir note 21.

[26] Voir registres matricules GLAK 456 C/2659, Nr. 1113+1281, et GLAK 456 D/227, Nr. 354.

[27] Voir registre matricule GLAK 456 C/2659, Nr. 540.

[28] Voir registre matricule GLAK 456 C/2659, Nr. 1034.

[29] Bachelin et Geiger (cf note 10), p. 327-330.

[30] Voir registre matricule GLAK 456 C/2659, Nr. 124.

[31] WGM Inv. Nr. 024591; voir dossier individuel GLAK 456 E/1835 et registre matricule GLAK 456 D/228, Nr. 252.

[32] Les «Journaux des Marches et Opérations» (J. M. O.) du 34e régiment d’infanterie (26 N 608/4), du 49e régiment d’infanterie (26 N 639/5) und du 218e régiment d’infanterie (26 N 718/3), mais pas du 18e régiment d’infanterie, ainsi que de la 36e division d’infanterie (26 N 328/2) et de la 10e armée (26 N 51/7) sont disponibles en version numérique sur le site du Service Historique de la Défense (Vincennes): https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?fam=3&ref=FR_SGA_JMO_1ere_GM_00001.

[33] GLAK 270/3359; voir registre matricule GLAK 456 C/2661, Nr. 1010.

[34] StAF B 20.2, Nr. 1014; voir registre matricule GLAK 456 C/2658, Nr. 1105.

[35] Voir registre matricule GLAK 456 C/2642, Nr. 361.

[36] Voir registre matricule GLAK 456 C/2642, Nr. 345.

[37] GLAK 269/2911; voir registre matricule GLAK 456 C/2661, Nr. 1044.

[38] StAF G 536/1, Wolterdingen Abt. IV, Nr. 1040; voir registre matricule GLAK 456 C/2657, Nr. 967.

[39] Hohenzollerisches Gedenkbuch 1914-1918, Hechingen 1927.

[40] Voir registre matricule GLAK 456 C/2661, Nr. 752; Hohenzollerisches Gedenkbuch, S. 415.

[41] Voir registre matricule GLAK 456 C/2658, Nr. 1100; Hohenzollerisches Gedenkbuch, S. 770.

[42] Voir registre matricule GLAK 456 C/2659, Nr. 303 und 1103; Hohenzollerisches Gedenkbuch, S. 651.

[43] Voir registre matricule GLAK 456 C/2661, Nr. 44; et StAS Ho 414/3 T 3, Nr. 1/002; Hohenzollerisches Gedenkbuch, p. 488 et p. 395.

[44] GLAK F-S Postkarten, Nr. 830; voir la fête 111e RIR et l’inauguration du monument les 27 et 27 août 1927 avec le discours du général de division Ley: WGM Inv. Nr. 024590.

[45] GLAK F-S Postkarten, Nr. 829; voir Martina Blaschka: „Glücklich gewählt ist die Lage und vornehm der Obelisk, der mahnend zum Himmel ragt.“ Denkmal für die gefallenen Kriegsteilnehmer am Ersten Weltkrieg in Stockach, in: Denkmalpflege Baden-Württemberg 43/4 (2014), p. 242-247.

[46] Der Weltkrieg 1914 bis 1918. Im Auftrage des Oberkommandos des Heeres bearbeitet und herausgegeben von der Kriegsgeschichtlichen Forschungsanstalt des Heeres. Die militärischen Operationen zu Lande, Bd. 12: Die Kriegführung im Frühjahr 1917, Berlin 1939, p. 361 und p. 407; il y est fait mention de 200 morts.

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